O toi la pure,
Toi la sans nom,
Toi qui à mes yeux
N'a point encore visage,
Toi qui peut-être vis,
Qui peut-être s'approche,
Toi que j'espère
Et que j'invente,
Toi que j'appelle,
Toi que je chante,
Je saurai te combler,
Tu sais,
Si un jour tu existes !
Chimérique hypothèse
Autour du verbe aimer,
Mon amour inconnu,
Ma tendresse anonyme,
Ma toute belle informe
Que me masque le temps,
Métisse,Brune
Blonde ou rousse,
Mèches folles ou cheveux courts,
Yeux de ciel ou regard d'encre,
Ton unique rivale
N'est que ma solitude !
Comme j'aimerais t'aimer
Si un jour tu m'aimais !
Car vois-tu,
Jusqu'ici,
Je fus de ceux qu'on blesse,
Je fus de ceux qu'on laisse,
Dont on jette le c½ur au-delà de l'oubli,
Dont on jette l'amour
Quand on s'en est servi :
J'étais celui qui croit et qui tendait les bras,
Écrivant des poèmes qu'elles ne lisaient pas,
J'étais celui qui aime
Quand elles ne l'étaient pas...
